L’immigration australienne a décidé de changer les règles à partir du 1er Juillet 2010, de façon à refléter la situation économique récente. Par exemple, pendant longtemps, deux années d’étude vous garantissaient la naturalisation, quelque soit le type d’études. Plus maintenant, le gouvernement n’a pas hésité à rembourser 20 000 dossiers posés avant le changement car cela ne correspondait plus au besoin présent. Aujourd’hui, l’objectif est de retenir les profiles qualifiés dans les domaines en pénurie. D’ailleurs, cette liste de métiers en pénurie a été revue à la baisse.

De nombreux métiers, tels que coiffeurs, ne sont plus sur la liste critique de l’immigration (Critical Skill). Elle est d’ailleurs passée de 140 métiers à 40. Aujourd’hui pour immigrer dans le pays, la priorité va aux ingénieurs, informaticiens, docteurs et aux pharmaciens. Et si en plus, vous êtes sponsorisés par un employeur, c’est encore mieux, car l’autre problème de l’immigration qualifiée est qu’elle ne garantit pas un emploi. En effet, un certain nombre de personnes hautement qualifiées arrivent dans le pays avec leur fameux sésame (résidence permanente) mais ne trouvent pas de travail car les recruteurs leur reprochent de ne pas avoir d’expérience locale ou pire, de ne pas avoir le bon « background » : un CV avec un nom anglo-saxon aura cinq fois plus de chance d’avoir une réponse qu’un CV avec un nom chinois, indien ou arabe. Le dernier recours est le mariage avec un(e) australien(ne) ou le statut ‘De facto’ qui est le concubinage. Ce statuts est reconnu si on prouve que les deux conjoints ont eu une vie commune pour au moins an (i.e bail aux deux noms, compte joints, témoignages émis par des australien(ne)s…). Ceci dit, il faut remarquer que l’Australie reste l’un des rares pays permettant la naturalisation sans y avoir jamais mis les pieds.

Qu’en est-il du système d’immigration français ? Pour se faire naturaliser, on peut soit se marier avec un(e) française(e) soit trouver un visa de travail et justifier d’une présence de 5 ans dans le pays. Ce visa de travail a trois formats possibles :
- Le visa pour ‘cadre dirigeant’, autrement le CEO ou PDG de la structure
- Le visa pour ‘détachement’ ou pour un employé transféré de façon temporaire
- Le visa pour ‘nouvel employé’ ou régime commun
En ce qui concerne la naturalisation via le travail, les démarches peuvent durer plus deux ans car le dossier peut faire l’examen du ministère du travail, des fonctionnaires de la préfecture, des fonctionnaires de la police de la commune et/ou de l’employeur.
De plus, depuis 1998, la loi Guigou n’autorise plus le droit du sol. L’enfant né de parents étrangers sur le sol français ne peut réclamer la nationalité française qu’à sa majorité et s’il prouve qu’il a vécu au moins 5 ans dans le pays.

Enfin, en 2008, presque 150 000 personnes ont obtenu la nationalité française (soit 0,231% approx de la population [65 millions]), alors que l’Australie a la même époque a donné un peu plus de 185 000 visas de naturalisation ou résidence permanente soit (soit 0,925% approx de la population [20 millions]).

Même si l’Australie resserre les critères aujourd’hui, le nombre de visas accordés par l’immigration australienne restera probablement proportionnellement plus élevée que ceux donnés par le gouvernement français.

Picture : http://www.flickr.com/photos/aek_muldoon/3666908784/
Source : http://www.immi.gov.au/skilled/general-skilled-migration/pdf/critical-skills-list.pdf
Source : http://news.smh.com.au/breaking-news-national/govt-tightens-skilled-migration-rules-20100208-nl41.html
Source : http://www.frenchlaw.com/Immigration_Visas.htm
Source : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=natcci02122&id=425&souspop=4
Source : http://www.immi.gov.au/media/publications/statistics/popflows2008-09/pop-flows-chapter2.pdf