Le parlement français vient de passer une loi qui obligera toutes les sociétés françaises quottées d’avoir 40% de femmes dans leur conseil d’administration d’ici-là 2016. Le gouvernement français est déterminé à être le second pays du monde après la Norvège à imposer un quota de femmes dirigeantes. Au début de l’année 2010, 11% du total des 580 sièges des 40 plus grandes compagnies françaises étaient occupées par des femmes. Désormais, il faudra trouver 170 femmes d’ici-là 2016 pour atteindre ce quota. Cependant les dirigeants français ne sont pas convaincus. En mars dernier, Dassault Aviation a déclaré qu’il allait nominer Mme Nicole Dassault, la femme de 79 ans de Mr Serge Dassault, le principal actionnaire. De son côté, LVMH a nommé Bernadette Chirac, la femme de 76 ans de l’ancien président Jacques Chirac, parce qu’elle est une femme et qu’elle a toujours supporté la mode en allant régulièrement aux défilés. Pierre Yves Gomez, Directeur de l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises à l’EM Lyon, confirme que les placements tels que Bernadette sont le signe que les dirigeants français veulent mettre des femmes qui ne leur apporteront aucun challenge. L’effet pervers de ce quota pourrait pour effet inverse de réduire la diversité au lieu de l’augmenter.

Et l’Australie n’est pas vraiment mieux, seulement 22% des 100 premières compagnies australiennes (ASX top 100) ont 20% ou plus de femmes au conseil d’administration, et presque un tiers n’ont pas de femme du tout au top management. Est-ce que les quotas pourraient régler la solution? Aujourd’hui, la plupart des directeurs hommes ou femmes s’y opposent car ils veulent pouvoir choisir les meilleurs candidats quelque soit leur sexe, et les femmes veulent mériter leur promotion. D’ailleurs, les institutions telles que le “Business Council of Australia” s’y opposent également. L’idée est de privilégier la diversité et non pas le sexe de la personne. Le problème n’est pas le manque de femmes talentueuses ou compétentes, mais les hommes ont du mal à repérer ces dernières: D’une façon générale, pour deux profiles équivalents, l’homme touchera 5 000$ de plus, aura plus de responsabilités et commencera à un niveau plus haut qu’une femme. Ce qui fait de l’Australie le pays le pire pour la promotion des femmes, derrière les USA, l’Angleterre, l’Afrique du Sud ou la Nouvelle Zélande. L’autre problème des femmes est qu’elles attendent généralement de cocher toutes les cases pour demander un poste et prennent moins de risques que les hommes, qui hésitent moins à poser leur candidature s’ils ne remplissent que la moitié des critères. Les femmes auront tendance à attendre que leur travail soit reconnu et que leur hiérarchie leur donne cette promotion. On indique souvent les contraintes familiales comme raison du nombre réduit de femmes au niveau senior management, mais le temps aménagé est devenu de plus en plus pratique courante en Australie et cela aide les femmes à gérer leur vie professionnelles et obligations familiales… Même si les top directrices reconnaissent avoir beaucoup d’aide, comme des nounous temps plein.

D’après le “Business Council of Australia” et “The Australian Institute of Company Directors”, ce qui pourrait vraiment aider les femmes australiennes à aller au top, ce serait plutôt des programmes de mentoring and KPIs pour la diversité des sexes. Les directeurs ont besoin de nommer quelqu’un de confiance et le networking est extrêmement important. D’ailleurs, les hommes sont plus à l’aise avec d’autres hommes. Cela se voit lors des entretiens, ils ont besoin de plus temps pour cerner une candidature féminine, et il faut l’avouer, la plupart des entretiens sont effectués par des hommes.

L’avis des top managers femmes est que si effectivement, on ne voit pas d’amélioration nette du pourcentage des femmes (25%) dans les conseils d’administration d’ici 2012, il n’est pas exclu que la question des quotas soit mise sur la table, car à ce moment-là, ce sera la seule solution pour augmenter efficacement leur présence.

Source: The Economist Volume 395 Number 8681 May 8th 2010-05-24 | “Women on company boards, La vie en rose”

Source: BRW Volume 32 Number 19 | May 20-26 2010 | “Why business men need women”

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