Doit-on craindre la crise européenne en Australie ?
Cela fait trois mois que la crise grecque fait douter de la stabilité économique en Europe. Les journaux se posent la question : Jusqu’à où cela peut-il aller ? Est-ce que les répercussions seront mondiales ? Et si oui, est-ce que l’Australie sera à nouveau une économie protégée ? Dans le cas d’un scénario catastrophe, on pourrait imaginer que l’Europe connaisse une vrai crise emportant la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie. La récession serait de mise et les importations pourraient baisser. Or parmi les premiers fournisseurs de l’Europe, il y a la Chine. Or la Chine est également le premier client de l’Australie, notamment pour les matières premières, la plus grande source de revenu pour le pays. Par effet boule de neige, on pourrait imaginer qu’une nouvelle crise pourrait venir affecter l’Australie. Cependant, pour que la Chine baisse réellement ses besoins en matières premières australiennes, il faudrait aussi que le marché américain et arabe tombent…
Un autre phénomène européen s’est également répercuté sur nos marches australiens. Ces dix derniers mois, le dollar australien a connu une forte hausse inattendue contre l’euro (Presque 0,7€ en mai 2010 contre 0,6€ en décembre 2009). Pourtant ce mercredi dernier, 19 mai 2010, le dollar australien s’est remis à baisser. Il y a diverses raisons possibles: l’euro qui s’affaiblit, l’inquiétude des marchés européens, la baisse des actions et des obligations, les tentatives du gouvernement allemand d’interdire ou taxer certaines transactions boursières, telle que le « short-selling” ou vente de devise à la baisse, dont le dollar australien fait partie. Tout cela fait présager qu’une crise qui parait pourtant si lointaine, pourrait venir faire des vagues jusqu’ici.
Pourtant les taux d’intérêts continuent d’augmenter, et la Reserve Bank Australia (l’équivalent australien de la Banque de France mais version australienne pour l’Australie) s’attend à ce que les taux montent jusqu’à 6,5% d’ici-là la fin de l’année. Celle-ci pourrait créer une forte pression financière sur les ménages australiens car ils ont des hauts niveaux d’endettements immobiliers et la plupart d’entre eux sont à taux variable. En Australie, la loi ne contraint pas les particuliers à un maximum d’endettement. On peut très emprunter à hauteur de la moitié de son salaire. Ici, cela peut représenter jusqu’à 85% du budget familial.
De l’autre côté, l’emploi australien est reparti de plus belle. Manpower montre une nette augmentation des entreprises à vouloir embaucher: 24% ont l’intention de recruter par rapport à l’année dernière où le pourcentage était de 1% à la même époque. Cela pourrait expliquer pour la Reserve Bank Australia serait aussi optimiste quant à la capacité des australiens et des entreprises australiennes à rembourser leurs dettes.
Mais la reprise concerne surtout le secteur minier. Pour les autres secteurs comme la fabrication, la grande distribution, l’agriculture et le tourisme, la reprise n’a pas encore eu lieu. La concurrence des pays asiatiques, le manque de pluie, le manque confiance des consommateurs et la récente hausse du dollar australien n’a pas favorisé ces industries et montre une économie à deux vitesses.
Si une crise devait vraiment arriver en Europe, et qu’elle s’étend vers l’Asie, alors oui, on peut en craindre les conséquences
Source : http://www.smh.com.au/business/markets/dollar-nosedives-as-europe-worries-bite-20100519-vcpv.html
Source : http://www.courrierinternational.com/article/2010/05/20/merkel-essaie-de-noyer-le-poisson
Source : BRW Volume 32 Number 18 | May 13-19 2010 | « Are we really a miracle economy? »
Image : http://www.flickr.com/photos/redune/5073664/sizes/l/
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par karinepham le 05/27/2010 à 15:16, et placée dans Australie, Monde. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |
.jpg)
















